jeudi 8 décembre 2011

L'enfer de la prison de Nouméa


Régulièrement pointée du doigt pour ses conditions inhumaines de détention, l'ancien bagne fait l'objet d'un rapport alarmant du contrôleur général des lieux de privation de liberté.


«La République ne doit pas s'arrêter à la porte de cette prison.» La déclaration coup de poing est à mettre au crédit d'une sénatrice écologiste, Alima Boumediene, après sa visite de l'ancien bagne de Nouméa, appelé aussi «Camp Est», en janvier 2010. Surpeuplée, insalubre, étouffante, cette prison de Nouvelle-Calédonie est toujours en aussi piteux état presque deux ans plus tard. Après une visite inopinée de quatre membres de ses services la semaine du 11 octobre, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGPL), Jean-Marie Delarue, a décidé d'avoir recours à une procédure d'urgence pour attirer l'attention du Garde des Sceaux sur une situation «de violation grave des droits fondamentaux» des détenus. Le ministre ayant tardé à répondre à son courrier du 25 octobre, il a rendu ses observations publiques mardi dans le Journal Officiel.
Elles sont accablantes. «Au moment de la visite, 438 personnes y étaient écrouées pour un nombre théorique de 218 places», écrit-il. La suroccupation dépasse les 200% dans le centre de détention et frôle les 300% dans le quartier de la maison d'arrêt. Dans ce dernier secteur, «chaque cellule (de 12m2) comporte trois lits superposés d'un côté, deux lits superposés de l'autre côté, et souvent, entre les deux rangées de lits, un matelas posé à même un sol crasseux et humide où circulent des rats et des cafards». Soit, la plupart du temps, six personnes dans un espace où il ne devrait y en avoir que deux selon les critères définis par l'administration pénitentiaire.

La cellule inondée pour apporter de la fraîcheur

Les prisonniers tentent d'empêcher les rats de rentrer, attirés par les restes de plateaux-repas entreposés dans des meubles ouverts, en bouchant les grilles d'aération. En résulte une atmosphère «étouffante». Les remontées d'égouts sont «fréquentes et empestent l'atmosphère». Les ventilateurs, quand il y en a, ne fonctionnent plus. «Pour lutter contre la température excessive, la pratique consiste à inonder périodiquement la cellule», raconte le CGPL. Pour compléter le tableau, les conduites d'arrivée d'eau des W-C, à la turque et dans un coin de la cellule, ont été détournés pour faire des douches sommaires. Et ce «sans la moindre protection vis-à-vis des installations électriques pourtant dégradées».
Les conditions de vie dans la partie centre de détention ne sont pas meilleures. Les détenus se partagent souvent un box de 8 m2 à deux, ou une cellule de 24m2 à 7 ou 8. Les grilles d'aération ont été arrachées et servent de panier suspendu pour protéger la nourriture des rats. Le manque de meubles de rangement a pour conséquence un désordre permanent. Que ce soit le quartier ouvert, fermé, de semi-liberté ou les cellules disciplinaires, les conditions d'hygiène sont déplorables, les toilettes à la turque séparées par un simple tissu sale et miteux mis en place par les prisonniers eux-mêmes.
De manière générale, les détenus passent 22 à 23 heures dans leurs cellules, n'ont pas accès au téléphone. Les visites au parloir sont mal organisées, l'accès aux soins «très difficile». Le personnel, «remarquable de dévouement et d'investissement», est «épuisé et inquiet». Au cours de la visite des contrôleurs, un meurtre s'est produit dans une cellule. La presse fait régulièrement état de violences et de suicides. Des événements qui, selon le CGPL, sont liés aux «conséquences inéluctables que fait peser la sur-occupation de l'établissement sur les conditions de détention».

Imbroglio entre l'État et les autorités locales

Aussi catastrophique soit-il, le tableau dressé par Jean-Marie Delarue n'est pas totalement inattendu. L'observatoire international des prisons (OIP) pointe depuis des années que le «Camp Est» est «le reflet de ce qu'il y a de pire en matière de conditions de détention». François Bès, coordinateur outre-mer de l'OIP, explique le silence médiatique par l'éloignement de ces territoires. Il note d'ailleurs que la situation est tout aussi catastrophique en Polynésie, dans le centre de Faa'a Nutania ou le taux de suroccupation dépasse 400%.
En 2009, après une importante vague d'évasions, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie avait pourtant promis une «restructuration lourde» de la prison de Nouméa. «Tous les crédits ont été utilisés pour renforcer la sécurité et rien n'a été alloué à l'amélioration des conditions de vie», déplore François Bès. En mai de cette année, la Chancellerie a présenté un projet de «réhabilitation et d'extension» de la prison avec «livraison de la première tranche en 2016». Mais la ville de Nouméa préfèrerait la construction d'un nouveau centre et se refuse pour le moment à délivrer le permis de construire nécessaire aux travaux de modernisation.
Pour Jean-Marc Delarue, cet «imbroglio» mettant en cause l'État et les autorités locales est inacceptable. Pour l'OIP, il faudrait commencer par faire diminuer la population carcérale. «La plupart des détenus sont des jeunes condamnés à de courtes peines pour lesquels il faudrait privilégier des peines alternatives, en partenariat avec les autorités tribales notamment», souligne François Bès. En attendant, des centaines de détenus continuent de croupir dans des conditions indignes.

Rapport OIP - Le Parisien Un rapport accablant sur les conditions de vie des détenus‏





L'Observatoire international des prisons dresse dans un rapport un bilan peu reluisant de l'évolution du monde carcéral français



Pour l'Observatoire international des prisons, la réforme pénitentiaire de 2009 n'a pas apporté 
les progrès escomptés.


Peu d'améliorations, et encore beaucoup de progrès à faire. Pour la première fois depuis six ans, l'Observatoire international des prisons (OIP) publie ce matin un rapport sur la situation des détenus en France, dont nous dévoilons les détails. Au-delà du nombre record de prisonniers (plus de 64 000) « qui atteint des niveaux historiques », l'association épingle la réforme pénitentiaire de 2009, « qui n'a pas apporté d'avancée majeure » dans le respect des droits des détenus. Pour illustrer son enquête, l'OIP a recueilli la parole de prisonniers qui témoignent de leurs conditions devie. Extraits.

Santé

Le rapport déplore l'insalubrité des prisons françaises : la prévalence de la tuberculose y est dix fois plus élevée qu'à l'extérieur. Cité dans l'enquête, un détenu de Fresnes a dû saisir son avocat pour faire désinfecter sa cellule, envahie de puces qui provoquaient « des lésions cutanées avec démangeaisons ». Toujours à Fresnes, un détenu en fauteuil roulant s'est plaint de l'absence répétée de son auxiliaire de vie :« Je ne peux compter sur personne pour m'aider à rejoindre les WC à l'instant précis de mes besoins. Je croupis », raconte-t-il. L'accès aux soins pour les détenus pose également un problème : « Je suis en attente d'un rendez-vous à l'hôpital de Creil depuis plus d'un an », témoigne un détenu de Liancourt.

Travail

En raison de la faiblesse de l'offre, seuls 24 % des détenus travaillaient en 2010. « Des privilégiés », note le rapport, qui pointe pourtant des conditions « dignes du XIXe siècle » pour un salaire moyen de 318 € par mois à temps plein. « Je fais du ménage vingt heures par mois pour 150 € », relève un détenu. Le droit du travail est rarement respecté. « Mon job consiste à mettre des épingles dans des sachets, vingt par jour. Pour y arriver, nous travaillons les jours fériés et les weekends. C'est interdit, mais la direction ferme les yeux», soupire un prisonnier.

Discipline

Les auteurs du rapport regrettent la survivance des quartiers disciplinaires (le fameux « mitard ») dont la durée maximale de séjour est passée de quarante-cinq à trente jours. Une « timide évolution ». Enfermé en cellule disciplinaire, un prisonnier raconte : « Il n'y a pas de fenêtre, pas de matelas, pas d'eau courante, il n'y a rien. » La promenade quotidienne s'y effectue toujours dans une pièce fermée. « Ici, au mitard, nous sommes des hommes mais à moitié », considère un détenu.

Malgré des politiques de prévention, le nombre de suicides reste identique avec un passage à l'acte tous les trois jours, et une moyenne de 14 suicides pour 10 000 personnes détenues. Le rapport préconise de « restaurer la personne dans sa dimension d'acteur de sa vie » plutôt que de se focaliser « sur le geste suicidaire » en lui-même. « Le motif, c'est parfois la peur de passer au tribunal, la peur d'être condamné à des années et des années de prison, une femme qui s'en va, ou simplement le sentiment d'être incompris », analyse un ancien prisonnier. « Durant l'hiver 2010, l'un de mes codétenus s'est suicidé, j'ai dû moimême le décrocher, raconte un prisonnier. Le jour même, la direction de l'établissementm'a demandé de rester dans la même cellule [....]. Naturellement, cela a été extrêmement difficile pour moi de la réintégrer. »

France Inter : Présentation générale du rapport de l'Observatoire International des Prisons

http://www.franceinter.fr/player/embed-share?content=235267

La Croix / Un rapport dénonce l’augmentation des violences en prison‏



Un rapport dénonce l’augmentation des violences en prison
Dans son état des lieux annuel, l’ Observatoire international des prisons estime que rien n’est fait pour un règlement pacifique des tensions.
Il y a d’abord un constat inquiétant : la montée des violences en milieu carcéral. Les agressions contre le personnel sont marquées par une hausse régulière : 3 187 en 2010, contre 2 107 en 2008 (1). La tendance est la même pour les agressions entre détenus : 7 825 en 2010, contre 7 516 agressions en 2008. Les mouvements collectifs augmentent eux aussi, passant de 712 en 2008 à 833 l’an dernier.
« Considérer que la violence en prison n’est que le reflet de ce qui se passe dehors, notamment des cités d’où proviennent souvent les détenus » relève du déni »,estime l’Observatoire international des prisons ( OIP)dans son état des lieux annuel. Pour l’organisation, la cohabitation forcée, la promiscuité en cellule, la pauvreté relationnelle y contribuent également. 
Mais ce n’est pas tout. « Tout est fait pour séparer les détenus, pour les maintenir dans une distance de protection » par rapport aux personnels. Au final, « le renforcement des dispositifs sécuritaires inscrit les relations dans un rapport de forces permanent », constate le rapport.
Des dispositifs que l’OIP passe au crible. À commencer par les budgets consacrés à la sécurisation des prisons, en augmentation de 43 % entre 2007 et 2009. 

« Humanisation des rapports sociaux »

Ainsi, 66 millions d’euros ont été consacrés à la mise aux normes des miradors, à l’installation de filins anti-hélicoptères, à l’installation de dispositifs de reconnaissance biométrique, à la vidéosurveillance, etc. Un effort financier équivalent à « deux à trois fois les moyens actuellement dédiés au déploiement du bracelet électronique », déplore l’organisation.
C’est plus encore le recours fréquent au mitard (68 % des sanctions prononcées), ou le placement à l’isolement que dénoncent les auteurs du rapport. L’OIP conteste l’effet dissuasif de tels dispositifs. Plus grave, l’organisation considère qu’une telle approche de la sécurité « fait naître plus de risques que ceux qu’elle vise à prévenir » . Elle en appelle à une « humanisation des rapports sociaux », meilleur moyen de prévenir les tensions.
Un rapport qui ne manquera pas d’être commenté et critiqué par l’administration pénitentiaire. Ses auteurs ont toutefois pris le soin de citer abondamment le contrôleur général des prisons, la Cour des comptes ou encore le Comité européen pour la prévention de la torture, autant d’institutions dont les conclusions sont en général peu contestées.
(1) Il s’agit des agressions sans interruption temporaire de travail (ITT).
MARIE BOËTON

Interview de Marie Cretenot, responsable des enquêtes à l'Observatoire international des prisons, qui vient de publier son rapport.




Après avoir mené l'enquête pendant 6 ans, l'Observatoire international des prisons (OIP) publie mercredi 7 décembre son troisième rapport qui révèle notamment "une dégradation des conditions de détention dans toutes les thématiques, notamment le délaissement de plus en plus conséquent de l'ensemble de la mission de réinsertion" explique Marie Cretenot, responsable des enquêtes à l'OIP, juriste et rédactrice du rapport.
"Le Nouvel Observateur" l'a interrogée.
Où en est la mission de réinsertion ?
- Alors que la population carcérale augmente, on fait face à une baisse continue des crédits alloués à la formation professionnelle, et à une stagnation des moyens affectés aux unités d'enseignement. Seul un détenu sur onze peut accéder aux formations professionnelles. Certaines sont qualifiantes, dans les domaines des espaces verts ou du bâtiment par exemple, d'autres consistent davantage en des remises à niveau scolaire et s'inscrivent aussi dans la lutte contre l'illettrisme. Depuis 2005, les crédits ont été coupés, des formations ont été arrêtées et des cursus non renouvelés. Les professeurs des unités d'enseignement sont affectés par l'Education nationale. Leur nombre a un peu augmenté, mais sans suivre l'évolution de la population carcérale. Il y a aujourd'hui de moins de moins de profs et de plus en plus de détenus.
Qu'en est-il, alors, de la lutte contre la récidive mise en avant par le gouvernement ?
- Au fil du temps, le terme même de "réinsertion" s'est effacé au profit de l'expression "prévention de la récidive". Cette dernière peut comprendre la notion de réinsertion, mais s'oriente en fait davantage vers une logique de contrôle et de surveillance. Les moyens financiers sont essentiellement consacrés au développement des bracelets électroniques ou des dispositifs de sécurité de plus en plus importants. Pourtant, les évasions n'augmentent pas. Les services d'application des peines et ceux d'insertion et de probation sont surchargés. Les conseillers d'insertion et de probation gèrent en moyenne entre 80 et 150 dossiers en même temps. Ils n'ont pas les moyens d'assurer leur mission d'accompagnement des personnes à l'extérieur. Or, un des meilleurs moyens pour lutter contre la récidive est l'aménagement de peine en milieu ouvert accompagné d'un suivi personnalisé. L'augmentation du parc pénitentiaire et du nombre de places de prison est également prioritaire en terme de budget. Le dernier projet s'élève à 4 milliards d'euros, dont 3,8 milliards ne sont pas encore payés, et on vient d'annoncer un nouveau projet. On mise tout sur la garde et le contrôle au détriment de l'accompagnement et des moyens pour les services dont le but est de résoudre des problématiques individuelles.
Quelles conséquences génère en prison cet abandon de la réinsertion ?
- Cela génère de l'oisiveté, de la promiscuité, de la surpopulation, des tensions entre détenus et entre personnel et détenus, et du temps mort. Certains détenus sont seuls en cellule 22h/24, et cela pose la question du sens de la peine. Les personnes sortent de prison plus brisées et réduites qu'elles ne l'étaient en y entrant.
Cela explique-t-il au moins partiellement la hausse du taux de suicides ?
- Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'augmentation du taux de suicide : les conditions de détention, la rupture des liens familiaux ou le mauvais accueil des familles, l'aggravation de la pauvreté à l'intérieur de la prison, le fait, pour certains, de vouloir retourner contre soi la violence quotidienne, le désespoir, et divers facteurs individuels et circonstanciels... Les droits du détenu n'ont pas beaucoup évolué non plus depuis notre dernier rapport en 2005, malgré la loi pénitentiaire. La notion de 'détenu citoyen' édictée par des règles européennes n'a été suffisamment mise en avant. Elle consiste à dire que la vie en détention doit être la plus proche possible de la vie en liberté et, qu'en conséquence, les droits des détenus doivent être les plus proches possibles de ceux d'un citoyen à l'extérieur. On en est très loin, notamment concernant le travail.
Où en est le travail en prison ?
- Le droit du travail n'est toujours pas appliqué en prison. Les détenus n'ont pas droit au SMIC ni aux indemnités en cas de chômage technique, arrêt maladie ou accident de travail, et ne savent pas à l'avance combien de jours ou d'heures ils vont travailler. En termes de droits, les conditions de travail en prison sont dignes du 19e siècle. En terme de nature des tâches également : les travaux proposés consistent le plus souvent en le pli de prospectus, la mise en boîte d'objets,...
De quelle manière s'illustre l'aggravation de la pauvreté, à laquelle vous venez de faire référence ?
- En 2004, selon les chiffres de l'administration pénitentiaire, un détenu sur six vivait avec moins de 45 euros par mois. Si l'on prend en compte l'augmentation du nombre de détenus, nous faisons face aujourd'hui à un doublement du nombre de détenus vivant avec moins de 45 euros par mois. Or, si l'on veut vivre décemment, le coût de la vie en prison tourne autour de 200 euros par mois .
Comment ce coût est-il calculé ?
- Il est essentiellement calculé sur l'économie de la prison : l'achat de cartes téléphoniques, la location de la télévision –42 euros par mois dans certains établissements-, du réfrigérateur, l'achat de produits d'entretien et d'hygiène –certains sont distribués par l'administration, mais en nombre insuffisant pour une hygiène correcte. S'ajoute à cela l'achat de nourriture en plus des repas. Le milieu carcéral est tellement infantilisant que le simple fait d'acheter la nourriture que l'on choisit procure un sentiment de liberté. Mais la plupart des produits sont vendus en moyenne 17% de plus qu'à l'extérieur. Vient enfin le tabac.
L'OIP a déjà, par le passé, pointé du doigt l'impossibilité pour les détenus de contester une décision de l'administration. Cela a-t-il évolué ?
- Il est désormais possible de contester les décisions dans certaines conditions, comme un licenciement par exemple. Mais l'administration pénitentiaire décide toujours seule des affectations des détenus dans tel ou tel régime, qui a une incidence considérable sur leur quotidien. Certains peuvent travailler et participer, d'autres non, sans que les détenus ne sachent pourquoi ni ne puissent le contester.
Interview de Marie Cretenet, juriste, responsable des enquêtes à l'OIP et rédactrice du rapport 2001, par Céline Rastello - Le Nouvel Observateur
(le mercredi 7 décembre 2011)

lundi 5 décembre 2011

L'Avocat corvéable à Merci !!

C'est officiel. ! Les Juges se foutent totalement des Avocats ! 


Cet apres midi : dossier à Liancourt (Oise) pour une demande de libération conditionnelle ; deux heures de route a camions une horreur (comme a chaque fois); arrive la greffière et la présidente me disent : il manque une expertise, renvoi ... Vous n'aviez qu'à appeler etc etc... c'est de votre faute etc etc... De quoi hurler ! 


Je plaide très souvent devant eux, depuis des années ; je suis tous mes dossiers, j'appelle a chaque fois, comme dans ce dossier d'ailleurs, il y a quelques jours, pour savoir s'ils sont complets ! Enfin bref ! Tout va bien, nous on peut se déplacer, pas grave ; l'avocat est corvéable a merci ; a quand la création d'un délit d'outrage à Avocat ??


Résultat : renvoi au mois de mars 2012; ce n'est pas tant ce renvoi qui me fait hurler mais la désinvolture avec laquelle j'ai été traité !!


Dieu sait si on se fait engueuler lorsqu'on  à le malheur d'arriver en retard à l'audience; quand c'est le contraire, avons nous droit à un mot d'excuse ? rien, bien sûr (sauf exceptions, mais rarissimes ! )

jeudi 1 décembre 2011

Nantes : La nouvelle prison est prête


Pour info et comparaison ; l'article paru dans 20 minutes, lors de l'ouverture de la prison de Nantes (voir la chanson !) ; déjà, l'administration pénitentiaire prévoit une sur occupation !!

http://www.20minutes.fr/article/834168/nouvelle-prison-prete

Tract CGT : Future maison d’arrêt de Nantes : 20% de places supplémentaires avant l’ouverture !




La future maison d’arrêt de Nantes ouvrira en mai 2012 (établissement confié à l’administration pénitentiaire en décembre 2011).
Elle a été initialement prévue et conçue pour accueillir 510 détenus (420 au quartier des hommes – 40 au quartier des femmes – 30 au quartier d’accueil et 20 au SMPR, le service médico psychologique).
La CGT vient d’apprendre que la direction de l’administration pénitentiaire a demandé au constructeur d’augmenter d’emblée de 20% la capacité d’accueil de cet établissement. A l’heure où la CGT écrit ces lignes, le constructeur, en lien avec l’administration pénitentiaire, réfléchit au doublement d’un certain nombre de cellules, essentiellement sur les quartiers hommes – femmes et accueil arrivants.
20% de détenus supplémentaires représentent une centaine de détenus supplémentaires ! Ce qui porterait l’effectif théorique de l’établissement à 620.
C’est clairement pour la CGT une mauvaise nouvelle dans un établissement dont la structure, quasi identique à celle de Rennes ou Le Mans, est d’ores et déjà contestée, tant par les personnels que par la population pénale.
Pour la CGT, la volonté politique de ce gouvernement de privilégier de tout carcéral, s’appuyant avec démagogie sur des affaires telles que celle de PORNIC, se concrétise un peu plus. Nous constatons clairement une hausse des incarcérations. Le pouvoir politique a fragilisé la chaîne pénale, tout est fait pour privilégier la prison en lieu et place d’alternatives efficaces sur lesquelles ce gouvernement ne souhaite pas mettre de moyens supplémentaires pour mieux les décrédibiliser.
Cela sonne comme une évidence pour les juridictions de Nantes et Saint-Nazaire : il y a des places en plus : incarcérez !
Quid des annonces généreuses de la loi pénitentiaire au travers de l’encellulement individuel ?
Quid des beaux discours sur la création de places de prisons pour désencombrer les établissements surpeuplés ?
C’est également une mauvaise nouvelle pour l’ensemble des personnels pénitentiaires Nantais qui eux, ne seront pas 20 % de plus.
Par cette façon de faire, le gouvernement plombe d’emblée ce futur établissement. Les places supplémentaires ne manqueront pas d’être rapidement remplies, générant ainsi les problèmes connus liés à la surpopulation pénale.

Conseil national du sida : Journée mondiale contre le SIDA: Le Conseil National appelle à une politique plus ambitieuse‏




Alors que la Journée mondiale de lutte contre le sida a retenu le mot d’ordre "Objectif zéro", soit zéro nouvelle infection au VIH, zéro discrimination, zéro décès dû au sida, le Conseil National du Sida rappelle que ces objectifs ne pourront être atteints que si la communauté amplifie considérablement son action en faveur de la prévention, du dépistage et de l’accès aux traitements.
 Le CNS réclame, pour la France, une action exemplaire et de leader mondial de la lutte contre le VIH/sida. Cette contribution peut passer par une aide publique mais aussi la mise en œuvre d’une taxe sur les transactions financières.
 Mais, en France même, il reste des combats à mener, en particulier auprès des groupes les plus à risque. Alors que le nombre annuel de nouvelles contaminations ne parvient pas à baisser depuis plusieurs années, que 150.000 personnes vivent en France avec le VIH, que chaque année, plus de 6.000 personnes découvrent leur séropositivité dont 45 % de personnes homosexuelles, le dépistage et la prévention dans les communautés à risque doit devenir une priorité. Les contaminations des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes augmentent depuis 2008, rappelle le CNS.
 50.000 personnes séropositives en France ignorent encore leur statut : Le Conseil souhaite rappeler que la mobilisation active contre les discriminations touchant les personnes vivant avec le VIH/sida et les personnes vulnérables demeure une priorité absolue de la lutte contre l’épidémie. Il s’agit des étrangers en situation irrégulière qui demeurent exclus du bénéfice de la couverture maladie universelle, des personnes prostituées, des personnes détenues ou des usagers de drogues.
 Des chiffres alarmants dans les prisons : Dans un communiqué distinct, Pierre Chappard, coordinateur du Réseau Français de Réduction des Risques, rappelle que François Hollande s'exprimait le 29 novembre, aux Etats Généraux des Elus Locaux contre le Sida, dans le cadre de la journée mondiale contre le sida. Le candidat aurait déclaré, en s’exprimant sur l’usage de drogues en prison :" Il y a aussi des actions à mener à travers un certain nombre de publics « spécifiques », c'est le mot de la phraséologie administrative. Je veux évoquer les prisons, ou il y a des chiffres alarmants qui nous sont communiqués : 12% des détenus déclarent s'injecter de la drogue durant leur détention. Plus de 30% d'entre eux partagent leur seringue, ce qui aboutit à une flambée des contaminations VIH et hépatites, pour des personnes qui un jour, je le rappelle, sortiront de leur détention, et seront en milieu ordinaire, c'est à dire parmi nous. La encore prévenir en prison, c'est éviter le développement de la maladie hors la prison ". Pour l'instant, aucun autre candidat à la présidentielle ne s'est exprimé sur ce sujet.

L'imposture, dix années de politique de sécurité de Nicolas Sarkozy






par Valérie Sagant et Benoist Hurel, magistrats, et Eric Plouvier, avocat, pour Terra Nova

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/01/l-imposture-dix-annees-de-politique-de-securite-de-nicolas-sarkozy_1611444_3232.html